Lorsqu’il est ques­tion de développe­ment de pro­duit ou de ser­vice, la notion de créa­tion de valeur arrive sur le ring. Le com­bat peut vite devenir iné­gal si l’on se con­fronte à un marché, et pas juste à son imag­i­na­tion. Voici le con­stat que j’en ai fait à force de tuer des pro­jets.

Il est aus­si prob­a­ble que l’envie de faire plus que l’autre ne soit pas tou­jours une pri­or­ité. C’est même ce que je défends assez sou­vent lorsque je ren­con­tre d’autres entre­pre­neurs. Il n’est pas néces­saire d’être meilleur que son con­cur­rent sur l’ensemble des tableaux : il faut s’astreindre à ne faire mieux que sur cer­tains volets.

Cette inno­va­tion d’usage passe par une sélec­tion plus dras­tique des fonc­tion­nal­ités que l’on souhaite pro­pos­er. Il est inutile de céder à la ten­ta­tion de tout faire : ce n’est ni raisonnable ni réal­is­able. Après tout, pour le com­mun des mor­tels, le couteau suisse est surtout un beau tire-bou­chon ou un joli coupe-papi­er.

Ceci inclut la néces­sité de pro­pos­er moins d’options, de préférences util­isa­teur. L’amélioration et la per­son­nal­i­sa­tion de l’expérience passent par la phase d’épuration des capac­ités pro­posées. Il faut aller plus vite au cœur de ce que l’on pro­pose.

Idem con­cer­nant les équipes, avec une taille plus réduite, mais plus impliquée, la notion d’efficacité et de rapid­ité d’exécution peut revenir dans les dis­cus­sions d’évolution de l’offre. Le man­age­ment d’équipe se fait sou­vent au détri­ment du man­age­ment pro­duit.

Il rede­vient pos­si­ble d’imaginer avancer réelle­ment en pro­posant moins de réu­nions, moins de ren­con­tres entre indi­vidus, moins d’abstrait, moins de dis­cus­sions sans déci­sions. Les freins sont plus sou­vent humains que tech­nologiques.

Un peu à l’image de l’adage de la start­up nation : « fake it until you make it ».

Mais ces belles envies qui ressem­blent à un ensem­ble de portes ouvertes ne sont val­ables que si je me force aus­si à promet­tre moins, promet­tre mieux, plus réal­iste et moins idéal­iste sur les pro­jets menés de façon col­lab­o­ra­tive.

Depuis que j’adopte cer­tains de ces beaux principes, je me suis ren­du compte que les retours étaient ultra posi­tif. Ce n’est pas vrai­ment ce que j’avais comme croy­ance avant de l’expérimenter.

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U.

Un site web sans mouchards et sans statistiques.

On voit appa­raître une nou­velle ten­dance depuis plusieurs mois : affirmer que les sites pro­posés aux vis­i­teurs sont sûrs et ne four­nissent pas de don­nées aux grands méchants du web.

En l’occurrence, il est fréquent de retrou­ver Face­book et Google sur le devant de la scène. Les don­nées sont désor­mais un peu moins partagées, un peu plus pro­tégées et un peu mieux util­isées.

Cela fait main­tenant plusieurs années que je n’installe plus Google Ana­lyt­ics sur mes sites per­son­nels. Lorsqu’il s’agit d’un site d’un client (et sur sa demande), je con­tin­ue à installer ces bouts de codes qui per­me­t­tent de trac­er les activ­ités d’une per­son­ne.

Depuis plusieurs années, je déploie des sites sans aucune don­née col­lec­tée. Y com­pris côté réseaux soci­aux. Je tente de faire une chose sim­ple : me deman­der à chaque fois si j’en ai réelle­ment besoin.

Con­cer­nant les sta­tis­tiques de vis­ite, je n’en ai aucune util­ité. Je préfère mesur­er le taux d’interaction avec les vis­i­teurs. Le nom­bre de fois où je reçois un email, le nom­bre de mes­sages reçus sur LinkedIn ou Twit­ter.

D’ailleurs, c’est un peu ce que je pro­pose à chaque nou­velle idée : quel est l’in­térêt de tout con­naître des util­isa­teurs ? Qui va réelle­ment véri­fi­er les infor­ma­tions col­lec­tées ? Quel but est caché der­rière ce sen­ti­ment de toute puis­sance ?

Lors de mes précé­dentes expéri­ences pro­fes­sion­nelles, j’ai eu l’oc­ca­sion de faire un nom­bre con­séquent de jeux en ligne dotés d’un for­mu­laire de con­tact. Ces don­nées sen­si­bles étaient envoyées par fichiers emails au for­mat Excel. Un tirage au sort était effec­tué puis les don­nées étaient oubliées.

Je n’ai jamais eu un client souhai­tant récupér­er le fichi­er Excel de ses par­tic­i­pants pour les inclure dans sa démarche de con­nais­sance client. Agré­menter son CRM avec des don­nées sociales ? Quelle idée far­felue 😉

Typ­ique­ment, cette démarche de col­lecte façon Big Data sans analyse par la suite entre dans la logique du FoMO : Fear of miss­ing out. Cette peur con­stante de rater pos­si­ble quelque chose peut nous pouss­er à col­lecter les don­nées « par sécu­rité » parce que vous com­pren­drez que « on ne sait jamais ».

Ce n’est pas parce que tout le fait qu’il s’ag­it d’une bonne pra­tique. Par­fois oui, sou­vent non. Ce sen­ti­ment d’ap­par­te­nance est fort, lorsqu’on tente d’en sor­tir, un vide peut se créer et une peur pri­maire arrive : pourquoi est-ce que je fais dif­férem­ment des autres ? Est-ce que c’est grave ?

Mais une autre arrive assez vite au final, est-ce que l’on a besoin d’au­tant d’in­for­ma­tions au quo­ti­di­en ?

N.

Ne pas commencer sa journée par la lecture de ses emails.

Voilà un pari qui sem­ble irréal­is­able et sûre­ment un peu stu­pide. Pourquoi s’infliger une perte pos­si­ble d’informations essen­tielles pour plan­i­fi­er sa journée ?

En fait, ce que je tente depuis plusieurs mois main­tenant, c’est de plan­i­fi­er l’ensemble de mes tâch­es bien en amont de ma journée qui débute.

J’ai longtemps eu le réflexe de par­tir à l’aventure du nou­v­el email dès l’ouverture de mon ordi­na­teur. Alors qu’au final, la plu­part des tâch­es impor­tantes à réalis­er sont la suite logique du tra­vail de la veille.

Depuis assez longtemps main­tenant, je prends le temps en fin de journée de pré­par­er ma liste de tâch­es à exé­cuter pour le restant de la semaine. Je prends 10 min­utes chaque soir pour pass­er en revue les pro­jets que je dois ter­min­er et éval­uer le temps restant.

Un peu comme le tra­vail qu’effectue un Prod­uct Own­er sur le suivi de pro­duc­tion : découper, éval­uer, pri­oris­er et plan­i­fi­er les tâch­es.

Con­cer­nant le lun­di et le ven­dre­di, même chose. Au final, tout pro­jet peut être découpé et du coup répar­ti dans une tranche horaire déter­minée. 

Le pas­sage à la vie de free-lance m’a for­cé à être plus assidu sur ma ges­tion inter­per­son­nelle de mon emploi du temps. Sans équipe, il faut savoir se respon­s­abilis­er sur l’ensemble des com­pé­tences req­ui­s­es. Cela paraît ridicule à écrire (et à lire, je pense), mais il s’agit de la vérité que l’on aime générale­ment se cacher lorsqu’on tra­vaille en équipe.

Avec le temps, j’ai eu à gér­er des pro­jets de plus en plus con­séquents, avec de plus en plus d’interlocuteurs et à mon­ter une équipe de plus en plus grande. La trans­mis­sion de l’information est alors dev­enue essen­tielle pour éviter les frus­tra­tions de cha­cun. 

Plutôt qu’un gros bloc indi­geste, il est plus facile de trans­met­tre des paque­ts d’informations rapi­des à assim­i­l­er et à utilis­er. Cette trans­mis­sion passe néces­saire­ment par un rythme réguli­er de points et une astreinte aux process sim­ples. 

Ce pre­mier process est de met­tre à plat les pro­jets, les tâch­es, les infor­ma­tions. Puis de les organ­is­er sans se per­dre dans de nou­velles con­sid­éra­tions.

Un peu comme assainir une pièce et ouvrir un nou­veau plac­ard le matin alors que celui ouvert la veille n’est pas encore rangé. Le résul­tat est (sans sur­prise) un bor­del presque organ­isé, mais surtout réelle­ment peu pra­tique.

Il y a cer­taines sit­u­a­tions où voir d’un coup d’œil l’ensemble des plac­ards ouverts per­me­t­trait de mieux organ­is­er le range­ment. Mais en y allant étape par étape (itéra­tion par itéra­tion comme on dit chez la start­up nation), on arrive générale­ment plus rapi­de­ment à ses fins.

Je suis per­suadé qu’il vaut mieux avancer rapi­de­ment sur de petites étapes plutôt que de vis­er directe­ment le résul­tat par­fait et ter­miné.

Mes petites étapes mati­nales sont donc d’avancer sere­ine­ment sans nou­veau plac­ard à ouvrir. De tra­vailler, tri­er et ranger au fur et à mesure les tâch­es avant d’en pren­dre de nou­velles à bras le corps.

Cela m’est par­ti­c­ulière­ment utile lorsque je gère en simul­tané plusieurs pro­jets de tailles vari­ables et de thé­ma­tiques réelle­ment opposées. La divi­sion pour l’organisation est finale­ment une pra­tique qui me per­met de tra­vailler plus effi­cace­ment.

Alors, si vous avez une infor­ma­tion essen­tielle à me trans­met­tre qui doit être lue dès le matin, pensez au télé­phone. C’est bien aus­si d’entendre la voix de ses inter­locu­teurs 😉

P.S. : Cette pra­tique a cer­taines failles, c’est bien évidem­ment ce que je fais en dehors des moments un peu stres­sants de val­i­da­tion finale (pas la val­i­da­tion inter­mé­di­aire qui dure des plombes) ou de mise en pro­duc­tion finale (pas la stag­ing qui passe en préprod).

U.

Un iPhone avec très peu de notifications.

Le télé­phone est passé d’un objet d’envie à un objet un peu encom­brant dans mon quo­ti­di­en. Je suis passé par pas mal de phas­es dif­férentes : Win­dows Mobile (oui …), Sym­bian, Black­Ber­ry, iOS, Android et à nou­veau iOS.

Des sys­tèmes d’exploitation qui per­me­t­tent de tir­er prof­it des capac­ités tech­niques d’une machine qui tient dans la poche.

Bien que tout cela ait bien changé au fur et à mesure, il reste une chose qui ne chang­era sûre­ment jamais : les noti­fi­ca­tions. Ces alertes qui réveil­lent votre out­il de com­mu­ni­ca­tion pour aver­tir d’une nou­veauté à con­som­mer dans l’instant.

J’ai eu une phase impor­tante dans mon usage des tech­nolo­gies mobiles où j’avais pour habi­tude d’accepter l’intrusion de toute appli­ca­tion qui me demandait l’autorisation d’afficher des noti­fi­ca­tions.

Médias soci­aux, flux RSS, réveils, musiques, cartes, jeux … L’écran était bien sou­vent rem­pli de nou­velles à ne pas louper. J’avais réelle­ment un petit stress per­ma­nent: « Est-ce que je vais rater quelque chose d’important ? ».

Mais au bout d’un moment, à bien y regarder, je per­dais plus de temps d’attention qu’autre chose. J’ai encore bien trop d’applications sur mon télé­phone, il faut que j’arrive à mieux saisir pourquoi je ne sup­prime pas celles qui ser­vent 2 fois par an.

L’explication la plus logique est sûre­ment la grande et fameuse flemme inter­sidérale de la con­nex­ion à une appli­ca­tion. Ce n’est pas une bonne rai­son, mon nou­v­el objec­tif est de me lim­iter à ce que j’utilise vrai­ment chaque semaine.

Ce que je con­sid­ère main­tenant comme indis­pens­able doit être un ensem­ble d’outils util­isés et non « stock­és en attente d’une éventuelle néces­sité future ». Mais ça demande encore un peu d’effort.

Le retrait des noti­fi­ca­tions est la pre­mière étape d’un chem­ine­ment per­son­nel assez lent et pénible. Il est facile de devenir accro à ces petites piques régulières qui vien­nent pimenter notre quo­ti­di­en.

Pour moi, la noti­fi­ca­tion d’un mes­sage non lu n’est plus for­cé­ment une drogue. Je suis en sevrage volon­taire et je me porte pas si mal que ça.